L’exposition « Tour de Suisse » du Museum zu Allerheiligen Schaffhausen, qui propose de redécouvrir notre pays avec les yeux des voyageurs d’antan, se termine le 2 avril 2018. Il ne reste donc que peu de temps pour admirer les dessins et gravures de paysages helvétiques ou d’autres pittoresques scènes de genre issus de la collection Bernhard Neher.
Mathieu Narindal
Rousseau et la littérature du chemin
Dans l’un des derniers numéros de la revue de ViaStoria, Claude Reichler s’est penché sur la contribution de Rousseau à la littérature du chemin. Il montre que le philosophe voyageur, qui a mis en évidence la dimension existentielle de la marche, développe une perception complexe des sentiers qu’il parcourt. Leur description se nourrit autant d’une expérience subjective du cheminement que des savoirs scientifiques de l’époque. La dimension spatiale propre aux sentiers se double d’une dimension temporelle. En confrontant le voyageur à l’histoire de l’homme, des sociétés ou de la Terre, l’expérience géographique ouvre en effet le voyageur au temps long.
Claude Reichler, « A l’origine de la littérature du chemin : Rousseau », in « Chemins et transports dans la littérature », Wege und Geschichte, Les chemins et l’histoire, Strade e Storia, Chronos Verlag, Zürich, 2017/1, p. 2-7.
Des scientifiques se mobilisent en faveur du Musée Alpin Suisse
La diminution du soutien annuel de la Confédération au Musée Alpin Suisse, décidée le 19 juillet dernier, met en péril l’existence de cette institution. En réaction à cette mesure, une campagne de sauvetage, relayée par l’ACVS, a été lancée.
Dans une lettre ouverte de la Commission interacadémique sur la recherche alpine (ICAS), publiée le 16 octobre et adressée au Conseiller fédéral Alain Berset, des scientifiques soulignent la valeur d’un Musée alpin innovant pour la recherche alpine en Suisse. La recherche a besoin d’une plate-forme de qualité permettant un débat autour du futur des Alpes comme espace de vie. C’est en effet un thème qui concerne toute la Suisse, tout comme les retombées du changement climatique ou encore le développement démographique.
Le Musée Alpin Suisse en péril
Mauvaise nouvelle pour les amis des Alpes : le 19 juillet dernier, l’Office fédéral de la culture a décidé de réduire son soutien annuel au Musée Alpin Suisse à 250’000 francs au lieu de 1’020’000. Cette coupe de 75 % met en péril l’existence de cette institution.
En réaction à cette mesure, une campagne de sauvetage dirigée par un comité de soutien de portée nationale a été lancée. La population est invitée à déposer sa signature et à manifester son opinion en faveur du Musée Alpin Suisse sur le site web www.sauvetage.alpinesmuseum.ch.
L’Association culturelle pour le voyage en Suisse ne peut que s’associer à cette démarche. N’hésitez pas à soutenir le Musée Alpin Suisse en signant la pétition et en la diffusant dans vos cercles respectifs.
230e anniversaire de la montée d’Horace-Bénédict de Saussure au Mont-Blanc
Il y a 230 ans, le 3 août 1787, le savant genevois, Horace-Bénédict de Saussure, accompagné par 18 guides de Chamonix, atteignait la cime du Mont-Blanc. Pour rappeler cet événement, l’équipe de Viaticalpes a réalisé une petite vidéo.

L’image ci-dessus montre le premier guide chamoniard d’Horace-Bénédict de Saussure. Il s’agit de Pierre Simon, traversant la Mer de Glace en 1760. La vidéo de Viaticalpes raconte l’histoire de cette vignette à l’allure anodine ouvrant le chapitre consacré aux voyages autour du Mont-Blanc du célèbre savant genevois, Horace-Bénédict de Saussure. Elle est la première représentation imagée d’un guide de montagne. Cette illustration permet d’aborder les relations complexes entre images et textes ainsi que les phénomènes de réutilisation qui caractérisent souvent les documents de voyage. A travers l’analyse de l’influence d’une de ces images viatiques, ce récit-animé met en évidence les mécanismes de transmission des héritages culturels. L’étude des savoirs véhiculés par les relations de voyage illustrées ouvre non seulement à une histoire culturelle et technique des représentations, mais aussi à une meilleure compréhension des contacts entre voyageurs et populations autochtones.
On parle de WonderAlp !
L’inauguration du nouveau site internet de WonderAlp n’est pas passée inaperçue dans le monde anglo-saxon. La British Society for the History of Science (BSHS) s’en fait ainsi l’écho sur son site, par la voix de Jessica Van Horssen, historienne de l’environnement à la Leeds Beckett University, qui salue le lancement de ce précieux instrument de recherche.
Rappelons que WonderAlp, créé par Claude Reichler, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, et produit par la Faculté des lettres en collaboration avec l’Association culturelle pour le voyage en Suisse, transpose pour tablettes et ordinateurs les « chambres des merveilles » célèbres du XVIe au XVIIIe siècle. La collection se rapporte aux objets découverts dans les Alpes lors des premières explorations. Dragons, fossiles, cristaux, plantes, animaux ou phénomènes naturels, WonderAlp permet de retrouver et comprendre l’émerveillement devant la nature qui animait alors la science.
La Suisse de la fin du XIXe siècle en couleurs
C’e
st une petite pépite dans l’immensité du fonds photographique de la Library of Congress américaine. Une série estampillée «LOT 13410» qui référence près de 750 «photochromes» réalisés en Suisse entre 1890 et 1900. Inventé en 1880 et en Suisse, le procédé du photochrome permet de coloriser une image à partir d’un film négatif noir et blanc, par un système de plaques lithographiques puis de colorisation à la main. De ces images tombées dans le domaine public, on ig
nore l’auteur. Prises entre 1890 et 1900, elles donnent à voir une Suisse idéalisée et bucolique, qu’affectionnaient notamment les touristes anglais. Voici une sélection forcément subjective (certains cantons romands, comme Fribourg, le Jura ou Genève, n’ont pas été photographiés).
Texte repris du blog L’ŒIL DU VISEUR / Le monde en images (Le Temps / Jean Abbiateci)
Lausanne Estivale 2017 : les thèmes de nos balades culturelles !
Les visites suivantes sont présentées par l’ACVS dans le cadre de Lausanne Estivale 2017. Comme le veut la formule de la manifestation, elles sont gratuites et ouvertes à tous.Les visites des vendredis («Une histoire de la médecine à Lausanne») et dimanches («Portes et passages») se font avec un véhicule historique de l’Association RétroBus Léman. Les autres se font à pied uniquement.
Ces visites ont lieu par tous les temps.
« Une histoire de la médecine à Lausanne », avec RétroBus
L’histoire de la médecine est une formidable aventure à la fois humaine, scientifique et technique. Si pendant longtemps il a mieux valu être médecin que malade (Molière nous l’a maintes fois assuré), cette balade ne vous propose aucun de ces rôles, pourtant traditionnels. Nous vous invitons en effet à porter sur le sujet un regard plus historien, voire parfois plus sociologique ou technique. Du « médecin de l’Europe malade » qu’était Auguste Tissot aux premiers balbutiements de la vaccination (Voltaire vantait Lausanne en disant que l’un de ses amis venait d’y faire inoculer son fils), à la naissance enfin de l’hôpital moderne, c’est à un double voyage thématique que nous vous invitons, un voyage dans la ville autant que dans l’histoire.
Infos pratiques :
Les vendredis 21 et 28 juillet, 4, 11 et 18 août 2017
Heure: 18h30 à 21h00 env.
Départ : en haut de la rue de Mercerie, devant le gymnase de la Cité
Arrivée : jardin de la Solitude.
RétroBus ramène volontiers les visiteurs au centre-ville.
« Les couleurs du temps »
L’histoire de la sensibilité au temps qu’il fait est récente. Nous vous proposons de nous y plonger l’espace de quelques soirs d’été dans la forêt de Sauvabelin…
Les mercredis 19 et 26 juillet, 2, 9 et 16 août 2017
« Si Gibbon m’était conté » (*nouvelle visite!*)
L’historien anglais Edward Gibbon (1737-1794) a fait plusieurs séjours à Lausanne. Il a logé chez des pasteurs, dans de bonnes familles lausannoises et enfin avec un ami. D’une maison à l’autre, nous vous raconterons sa vie et celle de la bonne société à Lausanne à la fin du XVIIIe siècle.
Les lundis 24 et 31 juillet, 7, 14 et 21 août 2017
« Portes et passages », avec RétroBus (*nouvelle visite!*)
Les seuils sont à la fois des lieux d’entrée et de sortie, des lieux donnant accès à une ville, un bâtiment, un chez-soi. Monumentaux ou modestes, ouverts ou fermés, extérieurs ou intérieurs, ils nous donnent une image de la ville, ils nous parlent de nos besoins d’ouverture et de protection.
Les dimanches 23 et 30 juillet, 6, 13 et 20 août 2017
Exposition « Sans limite. Photographies de montagne » au Musée de l’Elysée (jusqu’au 30 avril)
L’exposition Sans limite. Photographies de montagne, la première du genre, part du constat que la photographie a inventé le paysage de montagne en le révélant aux yeux du monde. La photographie est héritière d’une certaine idée de la montagne et du sublime, intimement liée au romantisme pictural. Jusqu’au 19e siècle, la montagne était considérée comme « le territoire de Dieu », lieu maudit et fantasmé, où nul ne pouvait se rendre. Les pionniers de la photographie en montagne ont permis de découvrir les sommets jamais atteints auparavant.
Avec près de 300 tirages exposés, dont plus des trois quarts proviennent des collections du Musée de l’Elysée, Daniel Girardin, commissaire de l’exposition et conservateur en chef au musée, met à l’honneur des tirages de toutes les époques, – dont de nombreux travaux contemporains – , et souligne : « Les montagnes, et plus particulièrement les Alpes d’Europe, sont le point fort des collections du Musée de l’Elysée. Parmi les trésors des collections exposés, il y a des plaques de Gabriel Lippmann, des tirages de René Burri, Emile Gos, Francis Frith, Adolphe Braun et William Donkin. Et aussi des contemporains comme Balthasar Burkhard, Matthieu Gafsou, Pierre Vallet ou Iris Hutegger. »
L’exposition s’articule autour de quatre approches de la photographie de montagne :
– la photographie artistique
Ces quatre directions s’associent au fur et à mesure que le visiteur avance dans l’exposition.
L’exposition met en évidence les stratégies formelles qu’utilisent les photographes afin de présenter la montagne : l’horizontalité, la verticalité, la frontalité et la contre-plongée ou vue aérienne. Elle met également en valeur les techniques prisées par les photographes : les grands formats au 19e siècle, les panoramas, les photographies stéréoscopiques et les très grands formats numériques contemporains.
Un ouvrage accompagne l’exposition :
Daniel Girardin, Sans limite. Photographies de montagne, Lausanne : Noir sur Blanc, Musée de l’Elysée, 2017, 250 pages, 50 CHF.
Texte repris du site du Musée de l’Elysée
Wonderalp inaugure son nouveau site web
Lancé en 2015 sur tablettes iOS et Android, le cabinet de curiosités interactif WonderAlp est désormais disponible pour toutes les plateformes en version plurilingue sur le site www.unil.ch/wonderalp.
WonderAlp est un cabinet de curiosités en ligne montrant des images fascinantes issues de livres de voyages anciens dans les Alpes. Dragons, fossiles, cristaux, plantes, animaux ou phénomènes naturels, WonderAlp permet de retrouver et comprendre l’émerveillement devant la nature qui animait la science entre les XVIe et XVIIIe siècles.
Organisé en trois espaces (Les dragons des Alpes, Fossiles et cristaux, Des plantes aux paysages), WonderAlp présente de nombreux objets découverts lors des premiers voyages dans les Alpes. L’occasion d’explorer une autre histoire des savoirs sur cette région et de faire connaître une vision de la nature à la fois rationnelle et merveilleuse, savante et populaire.
WonderAlp est une création de Claude Reichler, professeur honoraire à l’Université de Lausanne, produite par la Faculté des lettres en collaboration avec l’Association culturelle pour le voyage en Suisse. L’application a été développée dans le cadre de Viaticalpes, un projet FNS porté par le Centre des sciences historique de la culture.
